Les actualités naturalistes du nord de la Seine-et-Marne – début hiver 2020

Un résumé des observations naturalistes du nord de la Seine-et-Marne qui vous donnera envie de partir à la découverte de la nature qui vous entoure !

Par Antoine Kita, adhérent.

Ce mois de décembre a été assez calme en flux d’oiseaux de passage car la migration postnuptiale est maintenant terminée pour la plupart.

Les températures particulièrement élevées pour la saison ont dissuadé certains oiseaux venus du nord tels que la Buse pattue (Buteo lagopus) et le Jaseur boréal (Bombycilla garrulus) : ils  ne se sont pas donnés la peine de descendre jusqu’en France.

Cet hiver est très, voire trop doux : certains ont encore pu observer des rhopalocères (papillons de jour), comme les Vulcains (Vanessa atalanta) par journée ensoleillée, où les températures avoisinaient les 12°C.

Malgré des conditions défavorables à l’observation de certains oiseaux du Nord, cela n’a pas empêché de voir des oiseaux d’eau, plutôt rares et discrets :

  • Pas moins de 4 Grèbes esclavons (Podiceps auritus): 1 le 1er décembre à Jablines, 2 le 2 décembre à Luzancy et 1 présent au moins 2 jours (23 et 24 décembre), à la Réserve du Grand-Voyeux. Il s’agit d’ailleurs de la première mention documentée pour le site !
  • 1 Plongeon arctique (Gavia arctica), présent depuis fin novembre à Luzancy, qui restera au moins jusqu’au 1er janvier, peu fréquent pour cette espèce qui ne visite que quelques jours nos sites régionaux habituellement.
  • 1 individu de Macreuse noire (Melanitta nigra) le 1er décembre à Luzancy, habituellement cette espèce hiverne sur les côtes. Les individus observés dans la région sont généralement des individus de première année.
  • Comme chaque année, un petit groupe de Harles piettes (Mergellus albellus) (jusque 5 individus) sont régulièrement observés à la Réserve du Grand-Voyeux, mais également aux Olivettes à Trilbardou (9 individus au maximum). L’espèce est connue pour son tempérament craintif. Le Harle piette passe souvent inaperçu en se dissimulant dans les roseaux. Pourtant, le mâle arbore un magnifique plumage et le rend presque inratable. A noter que l’espèce est considérée comme « rare au niveau national » sur les bases de données métropolitaines.
Harles piettes © A. Kita
  • On note de nouveau l’individu de Pie-grièche grise (Lanius excubitor) toujours présent à Isles-les-meldeuses le 31 décembre, venu se réchauffer au soleil.
  • De manière plus fréquente, durant la première moitié de la journée, il est possible d’observer de nombreux passereaux par gros groupes : Pinsons des arbres (Fringilla coelebs), Bruants jaunes (Emberiza citrinella), Linottes mélodieuses (Linaria cannabina), Alouettes des champs (Alauda arvensis)… font partie des spécialistes, vagabondant dans les labours, friches et lisières de forêt.

Pie grièche grise © A. Kita

Pourquoi ne pas finir par une espèce peu connue des franciliens, la Mésange boréale (Poecile montanus), bien présente dans les milieux montagneux et qu’il est possible de retrouver en Île-de-France.

Malheureusement l’espèce tend à régresser dans la région, aucune observation n’a été faite depuis plus de 10 ans en Île-de-France à l’exception de la Seine-et-Marne. Le secteur de la vallée de l’Ourcq, du Grand-Voyeux (zone d’hivernage occasionnelle) semblent abriter une petite partie de la population locale. Son statut régional sur la liste rouge des oiseaux nicheurs, est passé de « vulnérable, VU », à « en danger critique d’extinction, CR ».

Mésange boréale – Libre de droit

Cependant, la Mésange boréale, est souvent confondue avec sa cousine éloignée, la Mésange nonnette (Poecile palustris), plus commune, notamment en milieux boisés.

La Mésange boréale diffère de la Mésange nonnette par sa bavette noire s’élargissant vers le bas. Elle a également la poitrine parfois rosée et présente des marques claires sur les ailes (visible plutôt quand elle est posée). Sa calotte se prolonge plus loin sur la nuque. Ces critères sont assez complexes à observer et le cri semble être l’élément le plus facilement identifiable pour reconnaître la Mésange boréale.

La confusion entre ces deux espèces explique le faible nombre de données valides pour la Mésange boréale. L’espèce est certainement sous-estimée d’autant plus que son habitat en Île-de-France est sous-prospecté : à la base présente dans des forêts marécageuses, elle fût revue en forêt de Choqueuse (Jouarre), et forêt du Mans (Pierre-levée), qui ne possèdent pas de zones humides, mais plutôt des secteurs embroussaillés, composés de  jeunes ligneux.

Des milieux tels que la vallée de la Thérouanne et la Forêt de Montceaux-lès-Meaux, sont des zones potentiellement intéressantes pour cette petite Mésange.

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