Cycle « le voyage des graines » – 1er épisode

L’AVEN du Grand Voyeux vous propose dans le cadre du cycle « Le voyage des graines » un article chaque semaine sur la dissémination des graines et les différentes méthodes – parfois très étonnantes – utilisées par les plantes pour pérenniser l’espèce.

Cette semaine découvrons ensemble l’anémochorie (du grec Anémos = « vent » et Chor = « disperser »). Les différents stratagèmes utilisés par les plantes pour disséminer leurs graines sont la preuve palpable d’une véritable intelligence végétale, les méthodes utilisées sont très variées, souvent opportunistes et font parfois preuve d’une ingéniosité remarquable.

Vous vous demandez comment toutes  ces « mauvaises-herbes » ont-elles réussi à envahir le jardin malgré votre vigilance ?

Ne cherchez plus…, le coupable c’est le vent.

C’est le mode de dissémination le plus couramment utilisé par les plantes, puisqu’on estime qu’il est présent chez 90 % des espèces végétales, et c’est la stratégie favorite de nos pissenlits, chardons, séneçons et autres laiterons présents dans nos jardins.

Les hommes empruntent les chemins de fer, les plantes anémochores, elles, choisissent les chemins de l’air, un moyen de transport qui en plus d’être gratuit se révèle particulièrement efficace bien qu’il soit très aléatoire, car une fois détachée du pied mère la destination reste encore incertaine.

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Les graines du Saule blanc accrochées à des petits plumets blancs (Salix alba)

Pour cette raison, il est donc nécessaire de produire beaucoup de graines pour assurer une descendance, ce qui est très éprouvant pour la plante. C’est le cas pour les pins ou les saules.

Cette stratégie permet des voyages sur des longues distances, en effet nul besoin d’un bateau pour traverser un océan, les « pappus » des pissenlits sont très volatiles et permettent une bonne prise au vent.

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Graine de pissenlit parachuté par un « pappus »

L’anémochorie est donc un moyen sûr pour la graine d’atteindre des habitats propices, d’éviter la compétition entre individus (les graines étant dispersées sur un plus large territoire), et d’assurer un meilleur brassage génétique, garant de la bonne santé de l’espèce durablement.

Les graines utilisant cette méthode sont la plupart du temps pourvues d’extensions membraneuses que l’on appelle des akènes (fruit sec ne contenant qu’une seule graine).

Certains comme les érables, les ormes ou les tilleuls ont des akènes en forme d’aile membraneuse (samare), qui permettent à la graine d’être emportée par le vent. La graine est bien protégée par une membrane qui l’entoure et lui permet de germer dans la plupart des conditions.

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Fruit du tilleul à grandes feuilles

D’autres, comme les Saules,  doivent répondre à certaines exigences du fait de la taille de leurs graines pratiquement dépourvues d’albumen (réserves nutritives) : les graines doivent germer dans les deux ou trois jours avec suffisamment d’humidité. C’est pourquoi les saules se trouvent presque toujours au bord de l’eau.

Qu’on se le dise, être dans le vent n’est pas réservé aux seuls humains. Sans l’intermédiaire du vent, de nombreuses familles de plantes comme les graminées seraient contraintes à changer de stratégie de reproduction. Pendant ce temps nous serions privées d’une bonne partie de notre alimentation.

Kevin ZEITOUNI

 

1 Commentaire

  1. Paris Christian

    Un bon complement aux cours bota.

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